A - Définitions usuelle et juridique de la contrefaçon
Pour pouvoir parler de la contrefaçon, nous allons d’abord essayer de la définir. La définition usuelle donnée par Le Petit Robert (1) est la suivante :
« Contrefaçon :
action de contrefaire une œuvre littéraire, artistique ou industrielle au préjudice
de son auteur ou de son inventeur.
Contrefaire
signifie reproduire par imitation. »
Il
ne s’agit pas que de la copie servile d’un produit, mais de la reprise
d’un ou de plusieurs éléments qui peuvent porter à confusion pour
l’acheteur.
Il existe quatre grands types de contrefaçon :
C’est ainsi que le médicament peut être contrefait de différentes façons.
Soit
la contrefaçon concerne la marque :
Ø
usage
d’une marque sans l’autorisation
de son propriétaire, par exemple : T-shirt noir Reebok,
Ø
substitution
de produits :
un Pepsi servi à la place du Coca-Cola commandé,
Ø
reproduction frauduleuse de la marque sur un produit
qui n’est pas fabriqué par cette marque, par exemple : les
ballerines Vuitton,
Ø
imitation totale ou partielle de la marque d’autrui par exemple : Henri
Martin/Rémy Martin,
Soit la contrefaçon concerne le brevet : il s’agit de la production d’une molécule alors qu’elle est encore sous la protection d’un brevet.
Par contre, les contrefaçons artistiques ou de dessins et modèles sont plus rares dans le domaine de la pharmacie.
Je tiens à faire une remarque quant
à la substitution de produits. Les pharmaciens français ont depuis peu la
possibilité de « substituer » un générique à un médicament
princeps. Le même mot ne désigne pas exactement la même action : il
s’agit en fait de remplacer un produit par un autre qui a la même composition
qualitative et quantitative en principes actifs. Ce n’est pas du tout le cas
lorsqu’on remplace du Coca-Cola par du Pepsi. (cf
aparté sur les génériques au paragraphe I-D-1 ci-après)
Une autre observation trouve ici sa place, elle concerne l’utilisation d’un même nom de fantaisie pour des médicaments contenant des principes actifs différents.
En effet des pays l’autorisent à certaines conditions. Par exemple, aux Etats-Unis on trouve le Maalox Anti-Diarrheal â, ce médicament est du lopéramide dosé à 2 mg et n’a rien à voir avec l’hydroxyde d’aluminium et de magnésium, vendu ailleurs sous ce nom pour protéger la muqueuse oesophago-gastro-duodénale. A l’heure de la mondialisation ceci peut provoquer des confusions dangereuses, comme en témoigne la photocopie ci-après du médicament trouvé à Haïti. Celui-ci était-il vendu ou distribué par une ONG ?
2
- La qualité des médicaments :
Plus précise, l’OMS dit : une contrefaçon pharmaceutique est un médicament dont l’identité ou la source ont été délibérément et frauduleusement falsifiées. Les contrefaçons peuvent s’appliquer aux produits de marque comme aux médicaments génériques et peuvent concerner :
Ø
des
produits contenant un principe actif autre que celui indiqué sur l’étiquette,
Ø
des
produits ne renfermant aucun principe actif,
Ø
des
produits contenant une quantité insuffisante de principe actif,
Ø des produits dont l’emballage est contrefait.
Dans sa définition, l’OMS ne considère que la qualité intentionnellement négligée, car, s’il peut se présenter des cas où la qualité a été altérée involontairement par un défaut de fabrication ou un manque de contrôle, il ne faut pas oublier que nul n’est censé ignoré la loi : le non-respect des bonnes pratiques de fabrication est condamnable.
Toutefois
pour dissocier le contrefacteur malhonnête du contrefacteur incompétent, on
parlera dans le premier cas de contrefaçon
et dans le second de malfaçon.
1ère Partie :
B - La contrefaçon dans le
monde
C - La contrefaçon en France
D - Les différentes
formes de contrefaçon de médicament
1999 © Sophie Schmidt and Arthur Schmitt